Pratique : Comment bien planter sa vigne
Les décisions techniques liées à une plantation de vigne engagent le viticulteur pour plusieurs décennies. Étant donné les enjeux techniques, qualitatifs et économiques, il est conseillé de préparer la plantation au moins trois ans à l’avance pour ne pas négliger les étapes essentielles : étude du sol, préparation de la parcelle, fumure de fond, choix et commande du matériel végétal.
Étape 1 : L’indispensable repos du sol
Il est fortement recommandé de respecter un délai minimum de 18 à 24 mois entre l’arrachage et la replantation. Cependant, un repos du sol de 5 à 7 ans est idéal pour retarder l’apparition du court-noué, une virose transmise par des nématodes. La dévitalisation avant arrachage et l’extirpation des racines améliorent significativement l’efficacité du repos, réduisant aussi le risque de pourridié racinaire.
L’implantation de couverts végétaux à base de plantes antagonistes des nématodes (comme l’avoine, le trèfle violet ou la luzerne) peut limiter la population de ces parasites tout en enrichissant le sol en matière organique.
Étape 2 : Préparation du sol et fumure de fond
La préparation du sol vise à garantir un enracinement optimal des jeunes plants, en assurant une bonne circulation de l’air et de l’eau. Avant cela, un diagnostic complet est recommandé, incluant :
- Analyse de la situation générale de la parcelle (altitude, exposition, hétérogénéité).
- Observation des précédentes vignes en cas de replantation.
- Étude des fosses pédologiques et analyses physico-chimiques des horizons représentatifs du sol.
Les principaux paramètres à analyser sont : granulométrie, pH, taux de matière organique, rapport C/N, capacité d’échange cationique, teneur en cations échangeables (calcium, potassium, magnésium, sodium), calcaire total et actif. En sols acides, il est recommandé de mesurer le bore (pour éviter les carences) et le cuivre (risque de toxicité).
En fonction de ces résultats et des objectifs de production, on ajuste la fumure de fond pour corriger les déficiences, notamment le pH en sols acides (amendement calcaire), la matière organique et la potasse. L’apport d’azote minéral avant la mise à fruit est déconseillé, mais un amendement organique à minéralisation lente peut être envisagé sur sol très pauvre.
Conseil : Le travail du sol doit se faire sur un terrain ressuyé pour éviter la compaction. Un décompactage préalable est bénéfique en sols argileux avant l’hiver précédent la plantation.
Étape 3 : Choix du matériel végétal
Le choix du matériel végétal doit prendre en compte :
- La variété, selon les contraintes technico-économiques, les caractéristiques agronomiques et les conditions pédo-climatiques.
- Le porte-greffe, essentiel pour gérer la vigueur, les carences et le stress hydrique. 31 porte-greffes sont inscrits au catalogue officiel, mais les 6 principaux couvrent 75 % des greffages.
- Le clone, choisi en fonction des objectifs de production (vigueur, maturité, potentiel de rendement).
Étape 4 : Commande et réception des plants
La commande de plants doit être passée 16 à 18 mois avant la plantation. Il est important d’être précis sur le cépage, le porte-greffe, le clone et les quantités. La confirmation par le pépiniériste doit mentionner le prix et la date de livraison.
À la réception, le viticulteur doit vérifier :
- Solidité de la soudure, en s’assurant qu’elle est homogène sur tout le périmètre.
- Fraîcheur des racines, indicatrice de bonnes conditions de stockage. Pour les plants en pot, les racines doivent sortir du pot et la pousse doit être vigoureuse.
Étape 5 : Plantation, arrosage et entretien
Les plants traditionnels se plantent de février à juin, après réhydratation de 24 heures. La taille des racines doit s’adapter à l’outil de plantation, en évitant les racines trop longues qui pourraient provoquer des problèmes d’enracinement.
Pour les plants en pot, la plantation s’effectue de mai à juillet. Le stress hydrique est l’un des principaux risques pour les jeunes plants. Un arrosage abondant à la plantation, suivi d’un entretien régulier, est indispensable pour assurer leur survie.
Conseil : Dès le départ, une protection phytosanitaire adaptée est nécessaire pour lutter contre le mildiou, et l’entretien du sol doit éviter toute concurrence des adventices.


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